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Le tri sélectif à Kamikatsu, le village zéro déchet
Sur l'île de Shikoku, au Japon, le petit village de Kamikatsu s'est fixé depuis le début des années deux mille un objectif qui semblait totalement impossible : ne plus produire aucun déchet définitif. Ici, il n'existe pas de camion-poubelle qui passe devant chaque maison comme ailleurs. Les habitants doivent eux-mêmes apporter leurs déchets à un centre de tri, où ils les séparent en plus de quarante catégories différentes : bouteilles en verre par couleur, cartons, piles, vêtements, restes de cuisine et bien d'autres matières encore.
Au début, beaucoup d'habitants trouvaient cette organisation compliquée et contraignante au quotidien. Avec le temps, ce geste est devenu une habitude naturelle, presque un réflexe, transmise aux enfants dès leur plus jeune âge à l'école et à la maison. Les déchets organiques sont transformés en compost pour les jardins potagers, le verre et le métal sont recyclés, et même les vieux vêtements trouvent une seconde vie dans un petit magasin d'échange gratuit installé au centre du village.
Aujourd'hui, Kamikatsu recycle plus de quatre-vingts pour cent de ses déchets, un résultat exceptionnel comparé à la plupart des villes du monde entier. Des chercheurs et des élus venus de nombreux pays visitent désormais ce village pour comprendre comment une communauté aussi petite a pu changer autant ses habitudes de vie quotidienne en quelques années seulement.
Cette expérience japonaise inspire aujourd'hui des écoles et des quartiers ailleurs dans le monde, y compris en Tunisie, où certains établissements scolaires ont commencé à installer des poubelles de tri séparées pour le papier, le plastique et les déchets organiques, en s'inspirant justement de cette idée simple : rien ne devrait jamais être jeté sans y réfléchir d'abord posément.