🚫 Le copier-coller est désactivé pendant cet examen — écris chaque réponse toi-même.
📝 Texte
Le facteur qui connaissait tout le village
Dans un petit village près de Tozeur, à la lisière de l'oasis, tout le monde connaît Nizar, le facteur. Chaque matin, il enfourche sa vieille bicyclette rouge et parcourt les ruelles bordées de palmiers, sa sacoche de cuir chargée de lettres et de colis. Nizar ne se contente pas de distribuer le courrier : il connaît le nom de chaque habitant, l'âge des enfants et même les surnoms des grands-parents.
Un jour de printemps, il s'arrête devant la maison de Mabrouka, une vieille dame qui vit seule depuis que son fils Anouar est parti travailler au Canada. « Une lettre pour vous, aujourd'hui, et elle vient de loin ! » annonce Nizar en souriant. Mabrouka ouvre l'enveloppe avec des mains tremblantes. Anouar raconte sa nouvelle vie à Montréal, la neige qui recouvre les rues en hiver, et il promet de revenir pour la prochaine récolte des dattes.
Mabrouka relit la lettre trois fois, puis invite Nizar à partager un verre de thé à la menthe sous le figuier de sa cour. « Sans toi, dit-elle, ces mots ne me seraient jamais parvenus. » Nizar reprend sa route, fier de son métier, conscient que chaque enveloppe transporte bien plus que du papier : elle porte des nouvelles, des espoirs et des liens entre les familles séparées par la distance.
Le soir, en rentrant chez lui, Nizar range sa sacoche vide et pense à tous les villages du monde où d'autres facteurs, à pied, à vélo ou en camionnette, accomplissent la même mission silencieuse : relier les cœurs, une lettre à la fois. Parfois, il imagine les grandes villes lointaines comme Montréal ou Tunis, où d'autres lettres voyagent chaque jour entre des mains différentes, portant les mêmes espoirs simples que celles qu'il distribue chaque matin à Tozeur.