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Les gazelles du parc de Bou-Hedma
Au cœur de la Tunisie centrale, le parc national de Bou-Hedma protège l'une des dernières forêts d'acacias du pays, ainsi qu'une population de gazelles dorcas, ces petites antilopes aux longues oreilles capables de survivre plusieurs jours sans boire. Pendant des décennies, la chasse excessive et la sécheresse avaient fait chuter dangereusement leur nombre dans toute la région.
Dans les années 1980, des scientifiques tunisiens, aidés par des organisations internationales, décident de réintroduire plusieurs espèces menacées dans le parc, dont l'oryx et l'addax, deux autres antilopes du désert presque disparues. Des clôtures protègent d'abord une vaste zone, le temps que les populations animales se reconstituent loin des prédateurs et des braconniers.
Aujourd'hui, les gardes forestiers du parc surveillent quotidiennement les troupeaux à l'aide de jumelles et, depuis peu, de petites caméras placées près des points d'eau. Amira, jeune garde forestière originaire d'un village voisin, raconte qu'elle reconnaît certaines gazelles à leurs habitudes : celle qui revient toujours boire au même moment de la journée, celle qui reste toujours à l'écart du groupe. Elle note soigneusement chacune de ces observations dans un carnet de terrain, précieuse source de données pour les chercheurs qui étudient l'évolution du troupeau au fil des saisons.
Le parc accueille aussi des classes d'écoliers venus observer les animaux depuis des postes d'observation discrets, sans jamais les déranger. Ces visites permettent aux enfants de comprendre pourquoi la biodiversité, c'est-à-dire la richesse des espèces vivantes d'un territoire, doit être protégée pour les générations futures.
Grâce à ces efforts constants, la population de gazelles a plus que doublé en quarante ans. Le succès de Bou-Hedma inspire désormais d'autres parcs, en Afrique et ailleurs dans le monde, confrontés eux aussi à la disparition progressive de leurs espèces sauvages face à la sécheresse et à l'activité humaine.