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📝 Texte
L'infirmière du village qui vaccine
Chaque mois, Nour, infirmière depuis quinze ans dans un village des environs de Kasserine, parcourt les routes de montagne à bord d'une petite camionnette blanche chargée d'une glacière spéciale. À l'intérieur, des flacons de vaccins, conservés au froid, protègent les enfants de la région contre des maladies autrefois redoutées.
Quand Nour arrive dans une école ou une maison isolée, elle prend toujours le temps de rassurer les enfants inquiets avant chaque piqûre. « Ce petit pincement dure une seconde, mais il protège pendant des années », leur explique-t-elle avec un sourire, avant de leur offrir un autocollant coloré.
Cette année, Nour participe aussi à une campagne plus large, menée avec d'autres infirmiers de plusieurs pays d'Afrique, pour vacciner un maximum d'enfants dans les zones rurales éloignées des grandes villes. Grâce à des carnets de santé transmis d'un village à l'autre, elle peut suivre précisément quels enfants ont déjà reçu leurs vaccins et lesquels doivent encore les recevoir.
Un jour, la petite Salma, sept ans, refuse catégoriquement de tendre son bras, terrifiée à l'idée d'avoir mal. Nour s'assoit alors près d'elle, lui raconte une histoire pour la distraire, et lui montre comment son propre carnet de vaccination raconte déjà toute son enfance protégée. Rassurée, Salma finit par accepter, fière ensuite de montrer son autocollant à ses camarades.
Grâce à ce travail patient, le village de Nour n'a connu aucune épidémie grave depuis de nombreuses années, contrairement à certaines régions plus isolées du monde où l'accès aux vaccins reste difficile. Nour rappelle souvent aux familles que se faire vacciner n'est pas seulement se protéger soi-même, mais aussi protéger les plus fragiles autour de soi, comme les nourrissons ou les personnes âgées.