👠 La paire de chaussures
Un conte de Pierre Gripari. Aujourd'hui, on découvre une histoire pleine d'humour : Nicolas et Tina, deux chaussures mariées ensemble, sont achetées par une dame... et découvrent qu'elles ne peuvent plus jamais se voir, puisque l'une est toujours au pied droit et l'autre au pied gauche !
🕯️ On installe l'ambiance du conte
Une lecture suivie, c'est un moment un peu spécial : on n'est pas pressé, on prend le temps d'écouter une histoire. Aujourd'hui, installe-toi pour une histoire pleine d'humour !
Installe-toi confortablement
Assieds-toi bien, dans un endroit calme. Imagine deux petites chaussures qui parlent entre elles, la nuit, dans un placard obscur... Cette histoire va sûrement te faire sourire !
- 🤫 Un coin calme
- 👂 Bien à l'écoute
- 😄 Prêt(e) à sourire
- 👠 J'imagine les chaussures qui parlent
🔊 J'écoute le début du conte
Voici la première partie du premier épisode. Une conteuse va te la lire à voix haute. Suis le texte surligné pendant qu'il est lu.
D'après Pierre Gripari, La Société de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca, Éditions de la Table Ronde, 1967.
Il était une fois une paire de chaussures qui étaient mariées ensemble. La chaussure droite, qui était le monsieur, s'appelait Nicolas, et la chaussure gauche, qui était la dame, s'appelait Tina.
Elles habitaient une belle boîte en carton où elles étaient roulées dans du papier de soie. Elles s'y trouvaient parfaitement heureuses, et elles espéraient bien que ça durerait toujours.
Mais voilà qu'un beau matin une vendeuse les sortit de leur boîte afin de les essayer à une dame. La dame les mit, fit quelques pas avec, puis, voyant qu'elles lui allaient bien, elle dit :
— Je les achète.
— Faut-il vous les envelopper ? demanda la vendeuse.
— Inutile, dit la dame. Je rentre avec.
Elle paya et sortit, avec les chaussures neuves aux pieds. C'est ainsi que Nicolas et Tina marchèrent toute une journée sans se voir l'un l'autre. Le soir seulement ils se retrouvèrent dans un placard obscur.
— C'est toi, Tina ?
— Oui, c'est moi, Nicolas.
— Ah, quel bonheur, je te croyais perdue !
— Moi aussi. Mais où étais-tu ?
— Moi ? J'étais au pied droit.
— Moi, j'étais au pied gauche.
— Je comprends tout, dit Nicolas. Toutes les fois que tu étais en avant, moi, j'étais en arrière, et lorsque tu étais en arrière, moi, j'étais en avant. C'est pour cela que nous ne pouvons pas nous voir.
— Et cette vie-là va recommencer chaque jour ? demanda Tina.
— Je le crains.
— Mais c'est affreux ! Rester toute la journée sans te voir, mon petit Nicolas ! Je ne pourrai jamais m'y habituer !
💬 On en discute
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse ici : c'est le moment de partager ce que tu as ressenti.
1. Comment te sens-tu en découvrant que Nicolas et Tina ne peuvent jamais se voir dans la journée ?
2. À ton avis, Nicolas va-t-il trouver une solution pour réussir à voir Tina ?
✅ Bien noté ! On vérifiera ensemble un peu plus loin.
3. Si tu étais à la place de Nicolas, quelle idée aurais-tu pour réussir à voir Tina pendant la journée ?
💡 Écris une phrase complète (5 mots minimum), puis clique sur « Vérifier » : les mots et expressions en lien avec l'histoire s'allument en vert, ceux qui sont hors sujet s'allument en rouge.
👀 À ton tour de lire !
Maintenant, c'est toi qui lis, tout(e) seul(e) et en silence, dans ta tête. Découvre l'idée de Nicolas... et ce qu'elle provoque !
— Écoute, dit Nicolas, j'ai une idée : puisque je suis toujours à droite et toi toujours à gauche, eh bien, chaque fois que j'avancerai, je ferai en même temps un petit écart de ton côté. Comme ça, nous nous dirons bonjour. D'accord ?
— D'accord !
Ainsi fit Nicolas, de sorte que, tout au long du jour suivant, la dame qui portait les chaussures ne pouvait plus faire trois pas sans que son pied droit vienne accrocher son talon gauche, et plaf ! à chaque fois, elle s'étalait par terre.
Très inquiète, elle alla, le jour même, consulter un médecin.
— Docteur, je ne sais pas ce que j'ai. Je me fais des croche-pieds à moi-même !
— Des croche-pieds à vous-même ?
— Oui, docteur ! À chaque pas que je fais, ou presque, mon pied droit accroche mon talon gauche, et cela me fait tomber !
— C'est très grave, dit le docteur. Si cela continue, il faudra vous couper le pied droit. Tenez : voici une ordonnance : vous en avez pour dix mille francs de médicaments. Donnez-moi deux mille francs pour la consultation, et revenez me voir demain.
(À suivre…)
🔎 On récapitule
Où en est-on de l'histoire ? Vérifions ensemble ce qu'on vient de lire.
Le conte s'arrête sur « À suivre... ». À ton avis, Nicolas va-t-il continuer à faire des écarts, même si ça fait tomber la dame ?
✨ Belle idée ! On le découvrira dans le prochain épisode.
Que penses-tu de l'idée de Nicolas ? Est-ce une bonne ou une mauvaise idée, à ton avis ?
💡 Écris une phrase complète (5 mots minimum), puis clique sur « Vérifier » : les mots et expressions en lien avec l'histoire s'allument en vert, ceux qui sont hors sujet s'allument en rouge.
🗝️ Les indices de notre conte
Comme dans une vraie séance de bibliothèque, on note les éléments importants de l'histoire — et les mots nouveaux qu'elle nous apprend.
Les personnages
Nicolas (la chaussure droite), Tina (la chaussure gauche), la dame qui les achète, la vendeuse, le docteur.
Les lieux
Une boutique de chaussures, la rue, un placard obscur le soir, le cabinet du docteur.
Le problème
Nicolas et Tina ne se voient jamais dans la journée. L'idée de Nicolas (faire un écart) fait tomber la dame sans arrêt !
Mots de l'histoire
faire un écart : aller brusquement vers la gauche ou la droite. accrocher : toucher et empêcher d'avancer. s'étaler par terre : tomber. croche-pied : placer son pied devant la jambe de quelqu'un pour le faire tomber.
🎯 Je vérifie ce que j'ai compris
Un petit quiz pour voir si tu as bien suivi le premier épisode de « La paire de chaussures ».
Tu as gagné 0 étoiles aujourd'hui !
🎓 Mon carnet de lecture suivie
Je soussigné(e)
ai suivi le premier épisode de « La paire de chaussures » !