🚫 Le copier-coller est désactivé pendant cet examen — écris chaque réponse toi-même.
📝 Texte
Le vieux pêcheur du golfe de Gabès et le repos biologique
Sur le port de pêche de Gabès, tout le monde connaît Si Mansour, un pêcheur de soixante-dix ans qui répare encore ses filets à la main, assis sur un vieux banc de bois face à la mer. Depuis des décennies, il observe le golfe changer, et il aime raconter aux enfants du quartier comment la mer nourrissait autrefois des familles entières, génération après génération.
Un après-midi, son petit-fils Anis, douze ans, s'étonne de voir les bateaux rester à quai pendant plusieurs semaines au printemps. « Pourquoi ne pêchez-vous pas, alors que les poissons sont là ? » demande-t-il. Si Mansour sourit et lui explique le repos biologique : chaque année, à certaines périodes précises, la pêche de certaines espèces est suspendue, pour laisser aux poissons le temps de se reproduire tranquillement dans des eaux calmes.
« Si nous pêchions sans nous arrêter jamais, ajoute-t-il, les poissons finiraient par disparaître, et nos petits-enfants n'auraient plus rien à pêcher. » Il raconte alors comment, il y a une vingtaine d'années, certaines zones du golfe s'étaient appauvries à cause d'une pêche trop intensive, avant que les pêcheurs eux-mêmes ne décident, avec les scientifiques, de mieux protéger leurs ressources.
Anis, fasciné, comprend que la patience de son grand-père n'est pas de la paresse, mais une véritable sagesse tournée vers l'avenir. Il décide alors d'accompagner Si Mansour pendant cette période de repos pour apprendre à réparer les filets, observer les oiseaux marins revenus en nombre, et noter dans un carnet les espèces qu'il reconnaît.
À la fin de l'été, quand les bateaux reprennent la mer, Anis comprend enfin pourquoi son grand-père répète souvent : « La mer nous donne beaucoup, à condition qu'on sache aussi lui laisser du temps. »