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La mangrove qui protège le village
Sur les côtes du Sénégal, dans le delta du fleuve du même nom, le petit village de Diogué vit depuis toujours au rythme de la mangrove, cette forêt particulière qui pousse les racines plongées dans l'eau salée. Les habitants pêchent des crevettes et des poissons entre les racines enchevêtrées des palétuviers, ces arbres capables de résister à la marée montante. Les enfants du village apprennent dès leur plus jeune âge à reconnaître les différentes espèces qui trouvent refuge parmi ces racines, un savoir transmis oralement de génération en génération.
Pendant longtemps, une partie de la mangrove a été coupée pour fabriquer du bois de chauffe, ce qui a fragilisé la côte. Sans les racines des palétuviers pour retenir la terre, les vagues rongent peu à peu le rivage et l'eau salée s'infiltre dans les champs voisins, rendant les cultures impossibles.
Face à ce danger, les femmes du village lancent un programme de replantation. Chaque année, elles plongent dans la boue jusqu'aux genoux pour planter de jeunes palétuviers, pousse après pousse. Peu à peu, la mangrove repousse, protège de nouveau les maisons lors des tempêtes et abrite à nouveau une multitude de poissons, de crabes et d'oiseaux migrateurs.
Dans une école de Djerba, en Tunisie, une classe de sixième année suit ce projet grâce à des échanges vidéo avec les enfants de Diogué. Les élèves tunisiens comparent la mangrove à leur propre palmeraie, où les palmiers protègent aussi le sol de l'oasis contre le vent et le sable du désert. « Chez nous aussi, des arbres protègent notre village ! » remarque une élève, admirative.
Cette découverte partagée entre deux rivages du monde rappelle une leçon essentielle : protéger un arbre, c'est souvent protéger une communauté entière, où qu'elle se trouve sur la planète.