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📝 Texte
Le petit berger et les dunes qui avancent
Dans le sud tunisien, non loin de Douz, porte du désert, le jeune Anouar garde chaque jour le troupeau de chèvres de son père. Depuis quelque temps, il remarque que les dunes de sable semblent avancer un peu plus chaque année, grignotant peu à peu les rares pâturages où broutent ses bêtes.
Son grand-père lui explique que ce phénomène, appelé désertification, s'aggrave à cause de plusieurs sécheresses successives et du surpâturage de certaines zones, où trop d'animaux broutent la même herbe sans lui laisser le temps de repousser. « Autrefois, dit-il, on laissait toujours les terres se reposer une saison sur deux. »
Un jour, des ingénieurs agronomes visitent la région pour présenter un projet de fixation des dunes : planter des rangées d'acacias et de tamaris, des arbustes robustes dont les racines profondes retiennent le sable et freinent son avancée. Anouar, curieux, se porte volontaire pour aider à creuser les trous et arroser les jeunes plants chaque semaine.
Au début, le travail semble presque inutile face à l'immensité des dunes. Mais après deux années d'efforts réguliers, une petite ligne verte commence à apparaître à la lisière du désert, ralentissant nettement l'avancée du sable vers les pâturages familiaux. Les chèvres reviennent même parfois brouter à l'ombre des jeunes arbustes.
Anouar comprend alors une leçon que son grand-père répète souvent : protéger une terre demande de la patience et des efforts partagés sur plusieurs années, mais chaque arbre planté aujourd'hui prépare un pâturage pour les générations futures, dans le désert tunisien comme partout ailleurs dans le monde où le sable menace de gagner du terrain. Certains voisins, d'abord sceptiques, viennent maintenant proposer leur aide pour agrandir la ligne de jeunes arbustes chaque printemps.