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📝 Texte
La coopérative du henné biologique
Dans la région de Kairouan, un carré de terre ocre borde le jardin de Zeineb, une petite Tunisienne de onze ans. Chaque printemps, sa grand-mère et les femmes du village s'y retrouvent pour cultiver le henné, cette plante aux feuilles vert tendre qui donnera, une fois séchée et broyée, la poudre orangée utilisée pour orner les mains lors des fêtes familiales.
Depuis trois ans, les femmes ont formé une coopérative pour cultiver leur henné sans aucun produit chimique. Elles arrosent au goutte-à-goutte, tôt le matin, pour économiser l'eau précieuse du désert. Elles plantent aussi des arbustes autour des champs pour abriter les abeilles et les oiseaux qui protègent naturellement les cultures des insectes nuisibles.
Zeineb aide sa grand-mère à trier les feuilles récoltées, étalées sur de grandes nattes au soleil. « Avant, disait sa grand-mère, certains voisins utilisaient des produits qui rendaient la terre malade. Aujourd'hui, nos champs respirent mieux, et le henné garde toute sa couleur naturelle. »
Un jour, l'institutrice de Zeineb raconte en classe l'histoire d'une coopérative marocaine de femmes qui cultivent l'arganier de la même façon, en respectant la terre. Zeineb comprend alors que, loin de son village, d'autres femmes partagent le même souci de protéger la nature tout en faisant vivre leur famille. Elle décide d'écrire une courte lettre à une correspondante marocaine de cette coopérative, pour échanger quelques conseils pratiques sur la culture sans produits chimiques.
Grâce à la vente de leur henné biologique, les femmes de la coopérative ont pu financer une nouvelle pompe solaire pour irriguer les champs sans gaspiller d'électricité. Zeineb rêve désormais de devenir agronome, pour aider d'autres villages à cultiver la terre sans jamais l'épuiser, ici en Tunisie et peut-être ailleurs dans le monde.